EL CAMINO INGLES 

(Le Chemin anglais) 

Cette énième arrivée à Santiago marque cette fois une étape importante dans le projet que j'ai énoncé pour la première fois dans la présentation générale de mon parcours Lisbonne-Tarifa-Tanger (lien ci-dessous) qui n'a pu être mené à bien suite à des problèmes disons : "de dos". 

Le projet, consiste en un tour complet de la péninsule ibérique, à pied et en suivant la côte d'aussi près que possible. Il est donc, à ce jour, réalisé de Gruissan-Plage (au bord de la mer Méditerranée et proche de Narbonne) jusqu'à Lisbonne.  

- En France le long des pyrénées via Carcassonne, Lourdes et Hendaye. 

- En Espagne au bord (ou pas loin) de l'océan atlantique via Bilbao, Santander, Ferrol, Santiago et Vigo. 

- Au Portugal via Porto et ... Lisbonne. 

- A nouveau en Espagne un parcours de Tarifa jusqu'au début de la province de Murcia. 

La suite ... bientôt ! 

Non content de n'avoir pris aucune note, je n'ai également pris aucune photo hormis celle du bar du Parador ***** de Santiago où je suis allé boire une bière en fin d'après-midi. Un parador où j'ai également dormi, lors de mon parcours de Genève à Santiago, avec Nicole, en 2004 (non encore en ligne). 

Vous voulez visionner quelques photos de Santiago ? Il n'en manque pas sur le net mais vous pouvez aussi en voir quelques-unes de celles que nous avons faites, Nicole et moi, en cliquant sur le lien ci-dessous. Il vous dirige vers la dernière page de notre "Camino Primitivo" de 2011 entre Melide et Santiago (voyez la fin de la page).  

Après la traversée de Sigueïro, agglomération relativement importante, le chemin nous emmène sur de petites routes parallèles à la Nationale mais, hélas, jamais suffisamment loin. 

Je n'ai pris aucune note ce jour et je ne dispose que du tracé pour me remémorer du tracé. Si cela avait été une abomination, je m'en souviendrais. Sur la fin du parcours on traverse l'immense zone industrielle de Santiago qui est très animée, dispose de trottoirs et n'héberge, semble-t-il, aucune entreprise polluante. 

Arrivée à la cathédrale, je me fais un "menu del dia", largement plus cher que celui de mon routier d'hier et je me rends à mon traditionnel hébergement du "Seminario Menor" où, "j'ai mes habitudes" ! 

Mon hébergement, ne fait pas la restauration. Aussi, je décide de rejoindre la nationale et d'y trouver un restaurant. 

Ce sera à Os Carballos où un routier délivre un menu du jour à 10 € dans la tradition espagnole (une bouteille de vin local, avec "gazeosa" si on le souhaite, plats copieux et, en plus, service par une aimable serveuse antillaise). 

Il va me rester trois kilomètres de large B.A.U. dans une circulation intense avec cependant la traversée, sur trottoir, d'une petite agglomération. Manger, ou ne pas manger, il faut choisir. Le décision était simple pour moi ! 

J'arrive à mon hôtel qui n'en n'est pas un. C'est un gros pavillon, un peu à l'écart de la nationale avec un grand terrain, une piscine, des transats et surtout un couple de propriétaires extraordinairement sympathiques. Il ne doit y avoir que cinq ou six chambres parfaitement équipées. On est comme chez soi. 

Le soir, on peut se faire livrer des plats. Cela évite de faire un aller-retour à Sigueïro. Autour de la table avec les autres clients qui ont également commandé des plats, excellente ambiance et échanges sur le "Chemin" avec ceux qui n'y sont pas. Vraiment "TOUT BIEN". 

Notre chemin va se tenir sur la majeure partie de son tracé suffisamment éloigné de la N-550 et de l'autoroute AP-9, les deux artères majeures du lieu, pour que je ne souffre pas du grondement permanent que délivrent ces voies intensément fréquentées. 

Petites routes, avec buffles (?) dans les herbages, Haies formées d'arbres en bouquet et, si, si, il y en a eu ... des chemins non revêtus dans les arbres. 

On dira : un parcours agréable. 

Une centaine de mètres après mon hôtel de bord de route, je quitte la nationale pour emprunter de petite route. 

Brume au départ puis, ciel encore chargé quand je passe près de cette très classique église de village galicienne (clocher à Peigne et sépulture hors-sol). 

Alors que le soleil est apparu, je découvre dans un village, ce monument étrange fait de deux tracteurs et quelques dizaines de mètres plus loin, ce monstre préhistorique apparemment susceptible de se déplacer puisqu'il est installé sur une plate-forme mobile ? 

Je n'ai pas entrepris de recherche pour connaître l'origine de ce monument et de ce "monstre" sur roues. Le mystère restera donc entier. 

Relevé "terrain" de Betanzos à O Meson dos Ventos

Pourquoi cette photo ? La seule de la journée !  

Pour l'arbre dans le virage ? Probablement pas. 

Utilisons-la pour un petit cours de sécurité pédestre. 

Il est généralement conseillé de marcher à gauche pour voir arriver les véhicules de face. Ici, compte tenu de la courbe accentuée et si le véhicule arrive à vive allure et serre sa droite, vous êtes très exposés. La prudence conseille donc ici de dépasser cette courbe en cheminant sur la partie droite de la chaussée. 

Pardon, à ceux qui savent tout ça et que je prends pour des "gols" ! 

Aujourd'hui, c'est la longue étape de Betanzos à l'albergue de Bruma qui initialement faisait 28 kilomètres. Aux dernières nouvelles elle n'en fait plus que 24 ? En ce qui me concerne, je ne vais plus dans les albergues. Je ronfle affreusement et ... d'autres peuvent aussi ronfler ! 

Aujourd'hui, je me suis concocté un parcours sur la DP-105 (sorte de départementale pas trop passagère) pendant une dizaine de kilomètres et différentes astuces m'amenant à un hôtel de bord de route (une nationale cette fois) que je vais emprunter sur quelques kilomètres. Le balisage, je vais l'entrevoir de temps à autre et parfois le suivre. Ce n'est plus celui de "Twin-Astir". 

Peu avant de franchir une deuxième autoroute, j'entame une aimable conversation avec un monsieur âgé très sympathique. On parle notamment du climat océanique dont bénéficie la Galice alors qu'une bonne partie de l'Europe crève de chaud. 

Je repars par de petites routes tranquilles, plutôt que par le chemin officiel, qui est réapparu, et qui part direct vers l'autoroute qu'il va longer, avec ce que cela signifie comme bruit. Moi, je vais le franchir sans le longer au préalable. Je suis rapidement rattrapé par un jeune garçon qui m'explique que je me suis trompé de chemin ! C'est un probable petit-fils du monsieur quitté depuis peu qui s'inquiète de me voir partir hors du chemin officiel. J'explique bien au jeune garçon que je ne suis pas perdu afin qu'il rassure son grand-père. Je suis toujours assez ému par ce genre d'attention que l'on rencontre assez souvent en Espagne. 

Après l'autoroute pas mal d'embrouilles avec le chemin venant de La Corogne. Je trouve mon hôtel, un peu à l'écart de la route et avec une chambre côté campagne. On peut faire laver son linge pour un prix forfaitaire de cinq euros. Les deux repas très corrects au resto qui fait partie des installations et ... une bonne sieste. 

Pour finir, la "fontaine de Gas" (du nom du village tout proche). 

A Betanzos, un trois étoiles proche du centre, soldé  "Booking", moderne et très agréable. A l'accueil, une hôtesse sympa. 

Je suis à Betanzos, une jolie petite ville où je prendrai mes deux repas arrosés (un verre seulement) de "Rias Altas" 

Ce petit pont dans la verdure, uniquement piétonnier, dénote totalement avec ce qui suit. 

Au même titre qu'il faut manger "s'qui ya", il faut faire avec les photos "quon'à" ! voici donc toute une série d'ouvrages d'art autoroutier que, pour de vrai, je trouve plutôt esthétiques. 

Lors de mon départ, je refais la photo du pont, déjà présenté hier, sur l'autre face, et avec "la douce lumière du matin". 

Une vue de cette charmante petite ville alors que je prends de la hauteur assez péniblement. Ca monte rude. 

Et enfin, une fois en haut, le passage sous cette belle treille qui produit, probablement, des vins dit des "Rias Altas". Un vrai nectar de seulement un petit 10°.  

Et, sur les deux dernières photos ce que l'on côtoie  souvent dans la journée. 

Départ sous une pluie fine et tenace au travers de Ferrol. Ce n'était pas une surprise car il m'était tombé de l'eau sur les pieds durant la nuit (voir avec le lien du pavé ci-dessus). Traversée longue que j'avais repérée la veille. Sur la fin, ce sont des cités ouvrières où les rues ont pour nom "calle 01, calle 02, ... ". Les édiles municipaux, lors de la construction de ces immeubles (probablement du temps de Franco, natif de la ville) n'ont pas jugé bon de donner des noms d'écrivains, de scientifiques, ... à ces rues. Ne pas oublier que "réfléchir, c'est commencer à désobéir". 

Parlons parcours maintenant. J'avais décidé de ne pas faire le tour du "Ria de Ferrol" et de traverser celui-ci sur le pont de la N-651 pour arriver à Pontedeume (terme normalement de la seconde étape). Je n'étais pas persuadé de l'intérêt de faire le tour de cette baie très urbanisée. Avec la météo de ce jour cela va se révéler un très bon choix. Ce pont dispose d'une piste piétonne protégée de chaque côté (des voitures mais pas des projections d'eau que celles-ci dispensent largement). J'ai une excellente cape ! 

De l'autre côté, c'est "Féne". Café, patisseries ("dégueulasses" mais on mange "s'qui ya" comme disait ma Maman) et fin de la pluie. Je retrouve le "vrai" chemin qui circule de temps à autre sur des pistes non revêtues mais le plus souvent sur de petites routes tranquilles, jamais loin des autoroutes (on n'y reviendra plus car c'est la constante de ce chemin). 

Aucune photo vu le ciel glauque d'après pluie et arrivée à 13h00 à mon hôtel "Eumesa". C'est un immense hôtel trois étoiles que "Booking" solde à 45 € (petit-déjeuner inclus). Couloirs d'un kilomètre, moquette où l'on s'enfonce jusqu'aux genoux, bidets dans les chambres bien sûr, ... . 

La jeune hôtesse, plutôt mal embouchée, me jette au prétexte qu'il n'est pas 14h. J'irai déguster un délicieux "pulpo" (fines rondelles de tentacules de pieuvre fort bien cuisinées) en attendant la bonne heure. 

De retour, ma carte bleue refuse de fonctionner par contact et obligation de payer en liquide sous le regard soupçonneux de l'hôtesse qui est toujours aussi ... (je vous laisse compléter !). Il m'est apparu, par la suite, que ma carte bancaire, comme son propriétaire, n'est pas une adepte forcenée des nouvelles techniques. Normalement elle peut mais parfois, elle ne veut pas ! Je ne suis pas sûr que ces digressions vous passionnent alors passons à l'essentiel : l'hôtel est parfait. 

Nous sommes samedi. Le centre-ville, avec ses petites rues pentues est très plaisant. Je m'y promène longuement et en profite pour repérer mon chemin de sortie pour demain. 

Ci-dessous, le pont que l'on traverse en arrivant et mon magnifique hôtel. 

Une des toutes premières bornes du chemin à l'intérieur de Ferrol. 

Le point de départ officiel du "Camino Ingles" est à la "Igrexa do  Socorro" proche de mon lieu de prédilection où j'ai pu me nourrir décemment pour pas cher et approcher de l'eau (voir la fin de mon "Camino do Mar"). 

Cette église de quartier n'a absolument rien de particulier et rien n'indique que c'est le départ du "Camino Ingles" ? 

Ferrol ? J'en parle à la fin de la dernière page de mon "Camino do Mar". 

Le Chemin anglais (Camino Ingles) est la route qu'utilisaient, au moyen âge, des pèlerins venant d'Angleterre, d'Irlande et d'autres pays du nord de l'Europe. Ils débarquaient à La Corogne ou à Ferrol et en un peu plus de 100 kilomètres (depuis Ferrol), ils atteignaient Santiago. Un truc de "feignasse" dirait un "mauvais esprit" (que je ne suis pas, vous avez pu le constater au fil de ce site !). Lors du divorce de l'Eglise anglicane avec Rome, il tomba en désuétude. 

A nouveau fréquenté depuis la fin du siècle dernier et le début du nôtre c'est un "vrai" chemin de Compostelle soigneusement tracé et balisé afin de faire passer les pèlerins hors de la circulation routière mais ... 

Les autoroutes et leurs échangeurs sont omniprésents dans cette partie très peuplée de la Galice. Le grondement de la circulation est quasi permanent même si l'on est à l'abri des véhicules sur de petites routes sans circulation et très rarement sur des chemins non bitumés. Des sentiers, inutile de rêver ! 

Il arrive que l'on s'éloigne un peu des voies routières ou qu'une colline fasse momentanément écran au bruit de la circulation alors, c'est le silence sépulcral, et oppressant, des immenses plantations d'eucalyptus où les oiseaux ne mettent pas ... les ailes ! 

En conséquence, peu de photos. Du texte, bien sûr, je sais "tartiner" avec tout et n'importe quoi. 

Une seule page suffira pour vous raconter ce énième "Camino". Je n'ai pas trouvé de sites vraiment percutants sur ce parcours mais en faisant une recherche internet vous pourrez, peut-être "glaner" les photos que je n'ai pas faîtes. 

Alors, le seul modeste lien "Wikipédia". 

Présentation