OVIEDO                                                               LUGO                                                              SANTIAGO 

EL CAMINO PRIMITIVO 

(Le chemin primitif) 

DIAPORAMA 

Nicole n'aime pas ces "bestioles". Elle a pris un "menu del dia". Ce qui aurait été une incongruité totale dans les années 90 est maintenant devenu possible. La salle s'est considérablement agrandie pour pouvoir accueillir l'afflux de pèlerins mais la direction de l'établissement a su garder un certain style (tables et bancs) et je suis presque totalement revenu de sa déception de 1999. La "gorgone", maintenant très âgée, n'apparait plus en salle mais de nombreux tableaux avec des photos d' "avant" ornent les murs. Et si vous n'en avez pas marre, un diaporama ! 

En sortie de ville, La belle Santa-Maria de Melide. 

Je me goinfre (je vais prendre deux plateaux et descendre une bouteille de blanc !) tandis qu'un Asiatique semble apprécier beaucoup le menu. 

 

La "Pulperia Ezequiel" 

 

Melide possède de nombreux monuments se référant au "Camino" et notamment la magnifique église romane "Santa-Maria-de-Melide" mais, le monument-phare du "Camino moderne" est (était ?) sans conteste la "Pulperia Ezequiel". Si vous avez l'insigne honneur de me lire, c'est que vous n'appartenez pas à la catégorie des "ramollis du bulbe". Vous aurez donc compris que dans le mot "Pulperia" il doit y avoir une histoire de "poulpe". Bravo, je n'en attendais pas moins de vous et je vous sens armés pour poursuivre avec profit et jusqu'à son terme le récit de ma pérégrination. Bon, on arrête le délire et on raconte ! 

Une "Pulperia" est donc un établissement où l'on ne sert que du "poulpe". Cela semble être une spécificité galicienne mais je ne le jurerais pas, merci de me contredire éventuellement. 

En août 1993, lors de mon premier passage à Melide, j'aperçois avec un certain effarement cet établissement. 

Description : 

Une sorte de hangar couvert de tôles ondulées (ancien atelier ou garage) au sol de terre battue, équipé de longues tables en bois grossier et de bancs. Une vaste bâche tendue depuis la façade déborde sur la chaussée et protège du soleil un énorme chaudron chauffé au bois où bouillonnent des poulpes que "touillent" consciencieusement deux ou trois personnages à la mine "pas tibulaire mais presque" (dixit Coluche), armés de solides bâtons. 

Je suis seul, plus que nul en espagnol, l'intérieur du hangar est sombre et donne une allure inquiétante aux nombreux clients attablés. Je passe donc mon chemin. 

En mai 1995, accompagné des deux Jacques, je pénètre dans l'établissement. Le décor est le même, mais nous sommes en mai et le chaudron est à l'intérieur, posé sur une estrade, avec la patronne qui officie, une énorme paire de ciseaux à la main. Telle une sorcière, elle extrait du récipient fumant, au fur et à mesure des commandes, les poulpes qu'elle découpe en petits morceaux et assaisonne d'huile et de piment sur un plateau de bois. Un délice, servi avec un pichet de "Ribeiro" (vin blanc Galicien jeune et légèrement pétillant). Jacques de Thionville, peu enclin à manger ce genre de bestioles, négocie (difficilement) un sandwich. Avec Jacques Carronnet, c'est trois plateaux à deux et du vin en quantité raisonnable car nous ne sommes pas arrivés ! 

Juillet 1999. Horreur et stupéfaction ! A l'emplacement de la "Pulperia" s'élève maintenant un immeuble. La "Pulperia" existe toujours au rez-de-chaussée mais, plus de chaudron et d'estrade, toujours des tables et des bancs, mais en beau bois bien épais et bien cirés et une clientèle de touristes. C'est devenu trop "clean" pour les locaux qui justement faisait tout le charme du lieu. Derrière une paroi vitrée officie une petite "mémé" toute triste. Je la reconnais bien, c'est ce qui reste de notre "gorgone" joyeuse, forte en gueule et triomphante sur son estrade. Près de la sortie, au mur, une photo de l'établissement tel qu'il était ... avant. 

J'ai trouvé le "Pulpo" moins bon et je n'en ai pas repris. Le vin, ça allait ! 

Pour Robert, Melide c'est la "Pulperia Ezequiel", tout comme la Bourgogne ce sont les escargots et la Normandie le camembert ! Laissons le donc s'exprimer. 

Il convient, dans un premier temps de lire, ci-dessous, les propos un tantinet désabusés, qu'il tient dans son ouvrage intitulé : "De chez moi, ... à chez moi, en passant par Saint-Jacques de Compostelle" (Vous pouvez en lire l'intégralité dans ce site). 

Au réveil nous renouons avec le brouillard (il y a des photos mais, ...bon !). Nous avons deux cols à passer. Nous parcourons un peu de route, puis des beaux chemins qui nous font passer par des fermes isolées (horreos, basse-cour, ...). Un peu avant le second col, nous sommes invités pour un café chez une jeune femme polonaise Wioletta et son ami chilien Gustavo. 

A Ferreira, la casa rurale est en pleine nature. Diner avec Jacques, militaire à la retraite, (dont les enfants sont encore assez jeunes). Il fait ce chemin pour la seconde fois. Il y a également deux filles originaires de La Rochelle (Michèle et Sophie). Elles font le camino par tronçons, car elles sont jeunes et en activité. Elles ne disposent pas de "grandes vacances" comme nous ! 

Ci-dessous, le petit pont (très certainement romain !) que nous emprunterons pour partir demain et la petite église galicienne avec cimetière hors-sol proche de notre hébergement. Nous passons une très bonne nuit dans un calme parfait. 

En Galice, l'habitat est très dispersé. Il y a, comme en France les communes mais aussi, les "Concello" (groupement de communes) et les "Parroquia" (paroisse). Cela fait un "joyeux bordel" de panneaux qui fait que, au final, on ne sait jamais trop où l'on est ! 

Ci-dessous donc, pour rester dans le ton, un "joyeux bordel" de panneaux rencontrés ! 

Ce sont des artistes qui vivent en vendant de l’artisanat. Ce sera un grand moment de convivialité. Nous échangerons sur la Pologne et son chemin de Compostelle dont nous connaissons l’existence grâce à Virginie de l'association "Compostelle 2000", qui est partie sur ce chemin l’an dernier avec Michel (notre compagnon du premier tronçon de la via Francigéna). J'évoque aussi avec Gustavo le Chili qu'il a pratiqué dans tous les sens (surtout en longueur !) lors de trois voyages de plusieurs mois. D’autres pèlerins s’arrêtent et nous repartons. 

Ci-contre, l'intérieur un peu hétéroclite de nos hôtes (Wioletta accroupit donne ses coordonnées). 

En direction de Melide, nous passons insensiblement de la campagne à la ville (même si dans les faubourgs, un vieux paysan conduit sa vache on ne sait où !) 

Nous approchons maintenant du "Camino Frances" que nous allons rejoindre à Melide. Le découpage de notre guide ne nous convient pas car ce sont deux étapes inégales (18 et 28 km) et, circonstance aggravante le refuge de San Roman de Retorta n'a que 12 places. Nous ne sommes pas surs d'y arriver avant qu'il soit complet (sur cette fin de parcours, il y a maintenant beaucoup de monde). Donc, on se "vautre" dans le luxe et nous réservons une chambre d'hôte à Ferreira quelques kilomètres après San Roman. Cela nous permettra en plus de dépasser un peu Melide demain. 

Nous repartons enfin sur des chemins ombragés avec de belles dalles de pierre au milieu. 

A San Roman de Retorta, ce n’est que quelques maisons, une église, un cimetière et un vrai bistrot. Ce sera, "bocadillo, vino y gaseosa" (sandwich, vin et limonade) pour moi et ... autre chose pour Nicole qui ne boit pas de vin lors de la marche et exècre la limonade ! Nous y rencontrons Jacques, un français parti du col de Mont-Genèvre à la mi-mars (il a dû suivre la route pour descendre sur Briançon) et que nous retrouverons ce soir à la casa rurale où nous avons retenu pour cette nuit. En repartant nous cherchons un moment notre chemin, car il y en a deux. Nous choisissons  celui qui emprunte la calzada romana (chaussée romaine). Seule la reproduction d'une borne milaire (la vraie est à Astorga comme indiqué sur la plaque) laisse à penser que c'en est une ! 

Le nombre de pèlerins attendant l'ouverture de la petite albergue, même si l'on n'a pas compté nous laisse à penser que notre plan était judicieux. 

Après une grande descente à travers la ville nous traversons le rio Miño sur un pont romain très quelconque tant il a été remanié pour recevoir une circulation intense. Seule la vue sur le fleuve présente un petit intérêt. 

Nous avons ensuite 10km de goudron, sans trop de circulation mais assez peu intéressant. A Burgo San Vincente, (église à deux clochetons), la pause de mi-matinée au bar rompt la monotonie de  cette route et nous permet de reprendre des forces. 

Nous prenons l’apéritif dans un bar à vin du quartier historique avec un verre d’Albariño. C'est un excellent, vin blanc galicien qui nous réjouit le palais et est en passe de détrôner au "top du top" des vins de Galice le "Ribeiro". La serveuse se propose de nous prendre en photo. Nous sommes un peu "flou" mais aucun rapport avec notre consommation ! 

Après, il faut "éponger" alors, c'est un correct "menu del dia" (menu du jour) dans un restaurant, hors quartier touristique, à la gare des bus. 

Le soir, nous dînerons à la carte pour très cher et ...  pas terrible ! 

Nous faisons le tour de la ville sur le sommet de la muraille, qui fait plus de deux kilomètres. C'est un vrai plaisir de découvrir celle-ci au-dessus de la circulation. Nous arpenterons les nombreuses ruelles de la vieille ville, découvrant d'autres portes et la cathédrale. 

Lugo est une ville entourée de murailles datant de l'époque romaine dans un état de conservation exceptionnel. Notre informatrice préférée ("Mademoiselle Wikipédia") n'est pas très disserte sur la ville en général mais est très documentée sur les murailles. 

Nous commençons par aller à l'office de tourisme (c'est le premier endroit où se rendre lorsque l'on veut visiter une ville). Nous y retrouvons Herbert et Ernesto qui vont prendre un autre chemin que nous et rejoindre ainsi le "Camino Francès"  seulement à Santa-Irene (très proche de Santiago et évitant ainsi "l'autoroute à pèlerins" qu'est devenu le dit camino).  

Lugo à Melide