Pourquoi cette question ? 

 

Voici longtemps que nous arpentons de manière régulière les chemins européens (et plus modestement ceux d’Amérique du Sud).  

Ceux-ci sont nombreux :  

Les chemins de pèlerinage (Compostelle, Via francigéna et autres). 

Les chemins européens (de E1 à E12) qui font plusieurs milliers de kilomètres et qui n’ayant pratiquement pas de balisage propre s’appuient sur les chemins nationaux existants. 

Les chemins de grande randonnée (GR balisés "blanc-Rouge" en France). 

Et une multitude de chemins locaux très diversement balisés. 

Nous avons pratiqué tous ces types de chemin et nous nous sommes toujours considérés comme des "randonneurs" (y compris sur les chemins de pèlerinage). Ces deux dernières années, nous avons parcouru des chemins de Compostelle avec des associations jacquaires et nous avons pu constater que pour certain(e)s de leurs adhérent(e)s,  le "Randonneur" n’était pas le bienvenu sur les chemins de pèlerinage et ses hébergements. Pour les plus "remontés", heureusement rares, le "Randonneur" n’avait rien dans la tête et ne pensait qu’à la performance. D’où une nécessaire mise au point concernant ce qu’il faut entendre par "Randonneur" et "Pèlerin". 

  

Un "pèlerin" et par suite un pèlerinage, c'est quoi ? 

  

Nous en donnons la définition, issue du dictionnaire, dans la page traitant des "Chemins de pèlerinage" : 

Un pèlerinage est un voyage effectué par un croyant vers un lieu de dévotion, vers un endroit tenu pour sacré selon sa religion. Le mot pèlerinage vient du latin "peregrinatio" et signifie voyage, ou séjour, à l'étranger. 

Même si à l’origine latine du mot, seule la notion de voyage était présente, on peut dire que de nos jours, "faire un pèlerinage", "être pèlerin" suppose une croyance religieuse. 

  

Et un "Randonneur" c'est quoi, alors ? 

  

Pas de définition satisfaisante ("qui pratique la randonnée" apparaît comme un peu limité !) dans les dictionnaires consultés. C’est un mot récent (ne figure pas dans le littré 1875). Nous allons donc essayer de le définir en nous inspirant de notre propre ressenti mais aussi des conceptions d’autres personnes de notre connaissance. 

«C’est une personne qui se meut à l’aide de ses jambes pour son plaisir». Dans cette acception, le "pèlerin" est aussi un "randonneur" puisque qu’il y a tout lieu de penser qu’il éprouve du plaisir à aller où il va. 

Le plaisir : de sentir son corps en mouvement ; d’être dans la nature ; de découvrir des paysages, des monuments ; de lier des contacts avec toutes sortes de personnes (locaux ou autres randonneurs) et tellement d’autres choses. 

Les motivations : hormis prendre du plaisir, penser que l’on marche certainement dans les pas d’un lointain ancêtre quand on est sur un chemin de pèlerinage, faire des photos, s’arrêter et faire des dessins, accompagner sa marche d’une action militante (accompagner des handicapés, marches pour l’égalité en France ou aux Etats-Unis) etc, etc, ... 

Si l’on y réfléchit un peu toutes ces choses peuvent être aussi partie intégrante d’un pèlerinage. 

Donc, ... le "pèlerin" est à coup sûr "un randonneur" qui s’ignore et le "randonneur" sur un chemin de pèlerinage a des objectifs et des valeurs qui peuvent, croyance religieuse mise à part, l’assimiler à un "pèlerin". 

RANDONNEUR OU PELERIN ? 

LA MARCHE AU LONG COURS